Contexte

En 2005, l’incidence mondiale des cancers œsogastriques était estimée à 1 500 000 nouveaux cas (500 000 œsophagiens et 1 000 000 gastriques), avec une perspective de 2 110 000 nouveaux cas d’ici 2025. La France est particulièrement touchée, avec notamment une incidence du cancer de l’œsophage la plus élevée en Europe, avec en 2011 4280 nouveaux cas, alors que les cas incidents de cancers gastriques étaient de 6440 la même année. De nombreux arguments amènent à considérer de façon conjointe ces deux pathologies dans le présent projet.

 

Alors que la chirurgie est le traitement de référence de ces cancers à un stade curatif, elle est insuffisante dans la majorité des cas pour obtenir une guérison prolongée. Des associations thérapeutiques sont fréquemment nécessaires, associant à des degrés variables la chirurgie, l’endoscopie, la chimiothérapie, la radiothérapie et les thérapies ciblées. Bien que la survie s’améliore, un grand nombre de patients vont présenter

  • un stade avancé au moment du diagnostic,
  • une non réponse ou une réponse incomplète aux traitements,
  • une récidive précoce,
  • une altération de leur qualité de vie.

A l’heure actuelle les approches proposées sont globales, rarement individualisées par sous-groupes de patients à risque et se font le plus souvent dans le cadre d’essais thérapeutiques qui cherchent à répondre à une question précise. Par ailleurs, comparativement à d’autres cancers, la recherche pour les cancers œsogastriques est nettement moins développée avec un relatif désintérêt de l’industrie. Il y a donc urgence à intensifier la recherche sur ces cancers et à mettre en place un outil large et ambitieux qui puisse permettre de répondre aux questions scientifiques d’aujourd’hui et de demain. Cette recherche doit passer par une approche personnalisée afin d’identifier les déterminants cliniques, biologiques, tumoraux liés à la résistance aux traitements anti-tumoraux, tout en cherchant à expliquer les caractéristiques épidémiologiques, sociales et comportementales.

 

La création d’une base de données prospective nationale dédiée aux patients porteurs d’un carcinome de l’œsophage ou de l’estomac, incluant des données épidémiologiques, cliniques médicales et chirurgicales, tumorales, de suivi, des données de sciences humaines et sociales et s’appuyant sur une vaste collection biologique est donc un enjeu majeur et indispensable en France.